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La digestion est difficile. Je ne parle pas de la gastro qui m'a détruit à la fin de notre échappée Tasmane.
Je fais le point sur mes images, c'est ma mémoire.
6 semaines passées à voler, marcher et rouler d'un bout à l'autre de ce pays grand comme un continent.
Un tel rythme ne laisse pas le temps de digérer les décors, les situations et les rencontres.
Tant d'images reçues comme une offrande, peur de l'oubli alors on capture une trace, une impression, une émotion.
Et plus tard, lorsqu'on ouvre son carnet de voyage, l'histoire se déroule de nouveau à travers les images.
On revit l'instant sans contrainte, on laisse son esprit vagabonder vers ce qu'il estime souhaitable.
Sydney, le 21 août.
Retour de Tasmanie, je fais la grasse mat jusqu'à 7h30, puis prends le bus pour la City.
Journée sans but, la première depuis longtemps. Je vais marcher toute la journée pour sentir la ville.
Ce globe m'attire. J'en fait une image, bien banale, sans caractère esthétique particulier, pourtant je m'en satisfait.
Simple réalité croisée sur mon chemin. Manipulé les objets, c'est une activité qui m'a toujours fascinée.
L'objet ressemble à l'Australie, les continents se mélangent mais la terre est toujours ronde.
Les fils se croisent, s'emmêlent, peut-être qu'il se noue des liens très fort entre les peuples.
Tous sont attirés vers le bas, destins communs.

Je poursuis mon chemin, achète 2 bananes au Haymarket dans leur Chinatown et des Makis à l'échoppe coréenne.
Puis je m'éloigne du centre grouillant pour me perdre.
l'envers du décors nous ramène aussitôt au calme, tout semble endormi.
Des garages en équilibre sur des collines attendent sagement le retour du boulot de leur voiture préférée.

Plus tard, un ranger d'origine sud-américaine m'observe, curieux il me demande ce que je trouve d'intéressant dans cette voiture enveloppée.
Je lui explique que dans mon pays on n' emballe pas les voitures sauf si on fait un cadeau, que cette scène me parait étrange.
Je me dis que la police est bien différente ici, qu'en France la curiosité se transforme vite en suspicion.
Il comprend mon anglais et moi le sien. Je suis tout fier de pouvoir m'exprimer dans une langue qui n'est pas la mienne.
Il me quitte après m'avoir dit bonne chance et continue à verbaliser les mal-garés.

Dans une rue plus loin, une autre voix m'interpelle.
La famille royale a un petit pied à terre en Australie, pas grand chose, un garage ou elle entasse quelques reliques du temps des colonies.
je donne 5 dollars en échange du poster " POVERTY SUCKS" dédicacé par le prince Charles himself.

Tout les jours la nuit tombe mais ici les journées sont lourdes donc elles tombent plus vite.
Dans les cours d'école, les enfants jouent au criquet et moi je rejoins mes amis au café Carnavale pour un rendez vous avec la communauté africaine.
Les couleurs se succèdent, les peuples se mélangent.
Le globe était bien dans la vérité.
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